REFLEXION.

 D'UN CHIEN

 

 Qu’est-il arrivé à mon maître?

 

Il n’est plus le même, son comportement a changé.

 

Avant, quand il rentrait tard le soir, il fallait que je me fasse tout petit afin d’éviter les coups de pied qu’il me destinait, et je passais mon temps à lécher mes plaies.

 

Parfois, il me traînait au café. Je n’aimais pas y aller parce-que ça sentait mauvais, et ça criait fort au comptoir. Quand il se trouvait dans une certaine euphorie, il rentrait en titubant, en me maltraitant et il oubliait de me-nourrir. -

 

Le lendemain, il me regardait longuement avec des yeux embués larmes et moi, je posais ma grosse patte et ma tête sur ses genoux.

 

Car je l'aimais quand même et s’il me battait, je savais que c'était parce qu’il était malheureux.

 

Mais depuis la visite d’un ami, tout a changé. Plus de coup de pied, plus de vie déréglée, plus de mauvais traitements.

 

Il   se rase tous les jours, mange régulièrement et moi aussi.

 

Mais surtout, surtout, il m’aime à nouveau.

 

Parfois, il caresse mes cicatrices encore fraîches, en ayant l’air de me demander pardon.

 

Souvent, des amis lui rendent visite et je sens que ça lui lait plaisir parce qu’il n’est plus seul.

 

Quand on se promène ensemble, il m’attend, il me parle et moi je le comprends.

 

Mais ce que je comprends surtout, c’est qu’il n’est plus malheureux et je crois bien qu’il le doit à ses copains qui se sont occupés de lui.

 

Aussi je leur dis merci (oua... oua... !)

 

Jonchery (T. de B.).