On rechute, retournant à une mort de
laquelle il n’est nullement garanti que par la suite l’on puisse ressortir,
parce qu’on ne buvait plus et que c'était tout : Or, la sobriété est une
chose différente, en premier lieu c’est l’âme qui s’éveille.
On rechute parce qu’on néglige de fréquenter le groupe.
On rechute, ainsi que le rappelle la littérature officielle, parce qu’on n’est pas honnête envers soi-même.
On rechute par excès de confiance.
On rechute par excès d’euphorie: un "Nuage Rose" trop délirant.
On rechute parce qu’on ne pratique pas l’humilité.
On rechute parce qu’on ne pratique pas la tolérance.
On rechute parce qu’on ne lit pas et on n’étudie pas la littérature (officielle et officieuse).
On rechute parce que....
Complexe, subtil, douloureux mécanisme! On rechute parue qu’on n’a pas compris que les A.A. "sont plus un style de vie qu’une méthode pour cesser de boire "
On rechute parce qu’ "on n’est pas disposé à aimer et à se laisser aimer".
On
rechute (mieux: on continue à choir, étant donné qu’on n’a jamais cessé de
le faire) parce qu’on n’a pas
voulu ou on n’a pas pu adhérer au Programme non seulement avec les forces de
l’âme mais aussi par le cœur, les deux mains, les souvenirs, le sexe, les rêves,
les deux yeux, le souffle ; l’être tout entier.
On rechute parce qu’on a franchi le
seuil du groupe avant d’avoir touché le fond (expression consacrée)
Bien entendu, le fond de Pedro peut ne pas avoir la mesure de celui de Pablo.
Telle personne n’a pas encore touché le fond après avoir réduit sa famille à la misère, avoir été en prison dix fois, avoir effectué des séjours prolongés dans des cliniques psychiatriques.
Il y a des alcooliques qui ne
touchent le fond qu’en mourant.
Il y a celui qui le touche lorsque,
après six mois d’un alcoolisme relativement tranquille, son patron lui adresse
quelques mots sévères parce qu’il est arrivé au travail avec dix minutes de
retard...
On rechute parce qu’on ne parvient pas à dégager sa propre conduite, actions et omissions, de l’idée "boire" ou de l’idée "ne pas boire".
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Infiniment
sage, le groupe enseigne que l’alcoolique agité par le désir de sortir de son
puits doit se persuader de la nécessité de le faire pour lui-même.
Ni
pour sa mère, ni pour sa femme (ou son mari), ni pour ses fils, ni pour sa
maîtresse (ou son amant), ni pour sa carrière, ni pour ses amis, ni pour sa
dignité, même pas pour Dieu.
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D'après " Carlo Coccioli : "HOMMES EN FUITES" Ed. Fayard p.155.
("Hommes en fuite"
est récit captivant et documenté de la vie dans les Groupes AA au Mexique au
début des années1970, vue par un écrivain italien)