Qu'est-ce que la joie de vivre?
Vivre, c'est
aimer, souffrir, pleurer, sentir..., tous ces sentiments et toutes ces émotions,
qu'ils soient positifs ou négatifs constituent la vie.
Nous, les
A.A., avons d'une partie de notre vie une vision brumeuse, comme si nous
l'observions au travers d'un verre ou d'une bouteille. Nous ne vivions pas
parce que nous avions une seule obsession; tout notre monde, tous nos actes,
tous nos sentiments n'avaient qu'un seul but: boire.
Quand nous
sortons du trou et lorsque notre raison nous permet d'appréhender le monde
réel, nous désirons voir et toucher tout ce qui nous entoure comme le ferait un
enfant.
Nos sensations
et nos émotions sont atrophiées et malades. C'est comme si nous naissions
adultes. Qu'avons-nous fait? Qui sommes-nous? Que pouvons-nous faire? Que
devons-nous faire? Nous commençons à marcher lentement, touchant, sentant...
nous commençons à vivre.
Nous nous
rendons compte que nous ne sommes plus le centre de l'univers, que notre monde
était une utopie inventée par nous. Maintenant, la vie est réelle. Nous devons
prendre nos responsabilités, ce qui, au début, effraye un peu. Mais en
sommes-nous capables? Nous tenterons de ne pas y perdre notre stabilité. Nous
affronterons les problèmes ou nous y trouverons une solution.
Et si nous n'y
arrivons pas, que peut-il se passer? Que nous les résolvions ou non, nous
resterons vivants et nous tenterons d'accepter certaines déceptions en
n'oubliant pas que les choses ne sont pas toujours comme nous voudrions
qu'elles soient.
Parfois nous
nous sentons en danger, mais nous avons appris ce que nous pouvons faire. Nous
commençons à connaître nos limites et à ne plus nous prendre pour les plus
intelligents.
Quand les
doutes nous font vaciller, nous comprenons, nous continuons parce que cela en
vaut la peine. Tous ces sentiments, nous ne les avions jamais ressentis avant
et nous en arrivons à nous dire que nous n'étions pas l'inutile que nous
pensions être.
Grâce à ces
sensations et à cette manière de voir, la vie commence à nous plaire parce que
nous en jouissons. Notre mode de vie nous incitait à ressentir les effets de
l'alcool et non son goût.
Lorsque nous
commençons à nous rendre compte que nous pouvons savourer la vie, chaque
instant devient une histoire.
Combien de
conceptions que nous avions et que nous avons exprimées en public ont changé,
lorsque nous les avons examinées avec une perspective nouvelle qui est possible
par la mise en pratique de notre programme de rétablissement.
Ce qui est
gratifiant, ce n'est pas de faire ce que nous voulons ou ce qui doit être fait,
mais c'est qu'un être humain qui ne pensait qu'à lui, sente maintenant en lui
l'amour pour tous les autres hommes.
Nous
commençons à comprendre "la chaleur humaine", l'amitié, la
solidarité: sentiments que nous avions déjà écoutés à maintes reprises, mais
qui étaient tout simplement de la théorie et dont, maintenant, nous connaissons
la véritable signification.
L'application
sincère et honnête de notre programme de rétablissement nous donne des pistes
pour sentir "la joie de vivre" parce que nous apprenons à goûter la
vie.
Maintenant, en
nous confiant à notre Puissance Supérieure, nous pouvons déterminer comment
nous pouvons et voulons vivre. Nous connaissons nos limites, nos qualités. Nous
savons à qui expliquer nos doutes et nous ne nous sentons plus seuls parce
qu'il y a des êtres humains qui nous aiment.
Nous
commençons à comprendre que nous faisons partie de quelque chose de plus grand
où l'amour prime sur l'intérêt matériel.
Quand nous
retrouvons la dignité d'être humain, nous rions, nous pleurons, nous jouissons
ou nous pleurons sur les avatars de notre vie. Nous avons la sensation d'être
vivant, nous nous sentons vivre.
C'est cela, la
joie de vivre.
A.A. Aviles Asturia