Le costume
n'était plus à ma taille
(Ma Puissance Supérieure aujourd'hui)
Trop souvent, dans les groupes, les débats s'enlisent dans la polémique sur la religion.
J'ai une expérience différente.
Je suis
catholique,
je ne chanterais pas "je suis chrétien
voilà ma
gloire", mais je me refuse à ne pas utiliser les outils que j'ai eu la chance d'avoir dès mon enfance par une grand-mère profondément chrétienne
Quand je sis
arrivé en AA, je suis tombé pour la
première
fois dans une réunion d'anniversaire, où un
ami parlais
beaucoup de spiritualité, je me suis dit :
"qu'est
ce que cela a à voir avec cette envie qui me
tenaille
les tripes de picoler ?"
Heureusement
un ami m'a pris à part, et m'a dit
: "tu viens demain en réunion à St Denis, on sera
entre nous".
Là on m'a parlé des 24 heures, les amis on dit out haut ce que je pensais tout bas, on organise des "charters" en voiture pour faire le tour
des réunions de la banlieue nord de
paris. J'ai commencé à mettre en
pratique le principe des 24 heures, en me disant malgré
tout, qu'ils parlaient bien, mais qu'ils n'étaient
pas à ma place, qu'il n'avait pas à faire au
prospecteur placier de l'ANPE (le job center français)celui
qu'on surnomme "le somnambule" du fait de
son courage.
Mais j'ai ESSAYE
pour voir
si cela marchait.... et puis, il y avait
toujours
cette obsession que je n'osais pas nommer....
Devant mes inquiétudes, les amis me disaient :
"Balance tous cela la-haut, ta
puissance supérieure s'en occupera".
Jusqu'au jour où, lorsque ayant un rappel d'impôt j'ai dit "si je balance tous cela
la-haut, il va me retomber 10% de
pénalités de retard
Mais 24 h après 24 heures, grâce à mon parrain d'accueil QUI
SE LEVAIT LA NUIT POUR REPONDRE
A MES INQUIÉTUDES sans me materner, en me mettant
devant mes responsabilités, comme vous le verrez plus
bas, j'ai accroché.
Les amis ne me paraissaient pas très
"catholiques", je les contestais, j'avais ma
vérité, ils allaient voir ce qu'ils allaient voir...
C'est là où les amis privilégiés sont intervenus en
me disant d'une façon
pragmatique "tant que tu penses à
cela tu ne
penses pas à boire", à l'usage ils avaient raisons.
J'ai même vu mieux, un ami qui s'apitoyer était venu au groupe en faisant ce que nous appelons en banlieue du "Pauvre de moi" en
contemplant son nombril et en s'apitoyant
sur son envie de boire, mon parrain d'accueil lui a
répondu : "Arrête de nous casser les pieds si tu veux
boire monte l'escalier, il y a autant de troquet (café)
que tu veux dans la rue vas-y !"
Pendant 6 mois cet ami allait de réunion en réunion disant : "C'est un coup à repicoller,
vous ne vous rendez pas compte
?"
On lui répondit " Tu n'a pas picolé ?"
Il répondit : "non, pourquoi?".
Au bout de 6 mois il nous a dit "merci".
C'est à cette école que j'ai été formé, je ne ferais que leur rendre grâce.
Mais revenons à la puissance supérieure.
L'ami dont je
vous
parlais plus haut m'agaçait. J'avais 15 ans de scoutisme, un background de catho intéressant.
Qu'est ce que cet ami avec son
histoire d'ascenseur, avait à m'apprendre...
Mon parrain spirituel (qui ne fait pas partie de la même spiritualité que moi) m'a dit, "tu as le
droit de ne pas être d'accord, pas
celui d'être ignorant. C'est trop facile de critiquer
lorsque l'on ne connaît pas".
Je suis aller voir les moines d'une abbaye, qui
m'ont renvoyé à la case départ, en
me disant "la priorité c'est de mettre le programme
en pratique, il n'est pas incompatible avec notre
foi"
Sur les conseils de mon parrain, j'ai suivit une formation de 2 ans par cours du soir. Le dieu
auquel je croyais, c'était celui de
mes 18 ans, j'en avais 45 et
le
costume n'était pas à ma taille. La société avait changé, j'avais changé, l'église avait
changé.
Depuis, je suis avide de ce que pensent les amis sur
ce sujet au lieu de dire
"je vais t'évangéliser" (A la
manière des
prêcheurs qui s'égosille dans la rue). Je
préfère
dire moi : "QUEL EST TON DIEU, LAISSE LES CURES ILS ONT LE DROIT DE VIVRE, N'EXIGES-TU PAS D'EUX CE
QUE TU NE PEUX EXIGER DE TOI
!"
A ceux qui cherchent à renouer avec leur religion d'origine, je contemple les richesses que leur éducation religieuse a déposées dans leurs cœurs.
Lorsque l'on me demande l'heure, je réponds, sachant que toute relation à dieu est un cheminement personnel.
Que si nous avons à évangéliser, c'est en servant de "poteau indicateur" de quelque
chose qui me dépasse.
François-Xavier (France)