Bonjour amies et amis
Je suis parti ce matin
tôt dans la forêt avec Vank (Mon chien, berger allemand)
J’aime cette paix
du matin ou la forêt m’accueille comme
partie d’elle-même, partie de l’univers
J’aime aller trouver,
dans ma Cathédrale-forêt, cette paix qui m'y est offerte.
J’y vais réfléchir, méditer et prier de cette
prière qui n’est pas demande, mais murmure intérieur :"Merci d’être une
partie de l’univers !".
Je trouve aussi mes
lectures dans la lumière du ciel. C'est le livre le
plus profond qui soit, et ce n'est pas moi qui en tourne les pages
Ce matin, une pluie légère avait lavé d’une fraîche pureté, les
jeunes feuilles des arbres, et donné au sol l'élasticité d’une nouvelle
jeunesse.
Et la
lumière !
Venue du ciel encore
voilé de brume une lumière dorée révélait le printemps
C'était une lumière paisible, celle qui
permet plus de deviner que de
reconnaître
Tout était plus
tendre, plus doux, plus calme.
Mon chien aussi
devenait lumière Son pelage gris-fauve s'avivait de tendresses dorées, sa
course ondulante avait la pureté naturelle, la joie simple et douce.
C'était ce moment où la lumière est comme en suspens. Un instant magique où
tout peut arriver. Ces minutes et
ces secondes qui
contiennent tout un monde, lorsque la création semble retenir
son souffle
Pourquoi rentré chez
moi ai-je perdu un peu de cette profonde paix ?
Pourquoi un souvenir
est-il remonté en moi ?
C'est une chose fragile que la lumière
du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on se sait trop
quoi et on la perd.
Il y a, bien
longtemps, au printemps comme aujourd'hui, j’étais dans ma forêt
Nous venions de
décider la faillite de ma société. Je savais que c’était la fin de mes rêves de
richesse et de pouvoir. Sans oser me l’avouer franchement, inconsciemment, je
me posais ces questions : Quelle place y avait-il encore pour moi? Qui
emploierait encore l’ivrogne définitif que j’étais?
Je ne sais plus quel
temps il faisait. Froid? Chaud? Soleil? Nuages ? , … ?
Comment me le rappellerais-je,
je ne regardais que moi les yeux tournés vers mon malheur
Je me souviens qu'amèrement, je répétais la chanson de Brel :
"C'est triste de mourir au printemps".
Quel plaisir que l'apitoiement, il ouvre une voie royale à
l'alcool, il fait partir de ce cercle vicieux de l'enfer de l'âme: tristesse,
apitoiement, malheur, alcool, tristesse. E le cercle se boucle. Le cercle roule
au néant
Déserté de la force d'aimer, le monde m'était inhabité. Du vent,
je ne percevais que sa course sans but, du ciel que sa lumière
aveugle, de l'espace que son impassible démesure. Ces lieux où allait ma vie
n'était rien d'autre que les reflets exacts de mon âme
AUJOURDHUI
Ma joie de
vivre, ce pouvoir de voir et choisir le beau, je le dois à Bill, Bob et tous
ces AA qui sont venus avant moi. Je vous le dois à vous mes compagnons AA
d'hier et d'aujourd'hui. Sans vous et sans notre littérature AA sur laquelle
j'ai pu méditer et médite encore, j'en serais encore à pleurer: "C'est
triste de mourir au printemps" Plus vraisemblablement, je ne serais plus.
.
Mais j'ai connu AA, son mode de vie et
aujourd'hui: …
" Je sais qu'aujourd'hui la lumière put
être là dans son éternité Et cela seul m'importe".
Amicalement
Robert S. alcoolique