Tu n'aurais pas aimé que l'on parle trop de toi, certes, mais quand
même !
Un petit mot simple, à glisser dans la lettre du mois, comme ça,
juste pour ton exemple.
Tu m'as appris, tu nous a appris à ne jamais mentir, ne déguiser
aucune vérité ; tu nous l'as prouvé. Merci pour ça.
Tu avais horreur, répétais-tu à longueur de 24h., de la "
langue de bois ". " Il ne faut rien cacher " disais-tu.
Je t'ai apprécié à la longue, aussi, pour ça.
Tu savais " provoquer " dans le bon sens du terme. Tu
savais mettre les repères et les balises où le programme AA se justifiait et où
il ne pouvait pas passer certaines limites honnêtes. Honnêteté - humilité -
indulgence étaient tes maîtres-mots.
Au cours de réunions aux échanges plus vifs, je suivais, nous
suivions tes émotions, à la cadence de tes coups de " bouffarde ".
Dans mon coin, je souriais.
Je t'ai aimé, comme ça, toi-même et sans détours.
Au cours de tant de 24 heures réunies, tes tours de roue, te menant
un peu partout aux réunions AA, seraient sans doute, le journal de bord le plus
fidèle aux réponses des appels, aux S.O.S., 12èmes, auxquels tu répondais :
PRESENT ! sans même réfléchir. On ne réfléchit pas trop quand on a du cœur. Il
était large ouvert à tous et ton dévouement fut légendaire.
Tu n'appréciais pas les jugements à l'emporte-pièce et les mots
durs, mais tu ramenais toujours la brebis AA, à l'aide des suggestions du
programme AA dont tu te nourrissais quotidiennement.
Parlant de toi, souvent j'entendais dire : " c'est un sage !
". Tu n'aimais pas ça.
" Je suis ce que je suis " disais-tu en riant, " un
alcoolique stabilisé, qui ne VEUT pas se prendre au sérieux et c'est tout !
"
Tu étais là, fidèle, sans les manquer, ces réunions de la semaine.
Tu ajoutais : " Personne n'est indispensable, car après moi,
ce sera un autre ".
Pudique, sensible, dévoué et droit, l'on t'aimait tous ainsi et ce
sera ce que nous retiendrons de toi. C'était hallucinant, ton savoir sur "
TOUT-AA " !
Personne ne craignait de faire appel à toi. Tu étais précieux car,
tu étais l'ami véritable qui aime " sans condition " et sait se
rendre disponible partout.
Devant une " rechute " douloureuse tu n'étais pas trop
dur. Vigilant, plus que présent pour celui qui avait fait ce faux-pas, tu
restais le fidèle pèlerin fiable et indulgent.
Toujours LA, même très LAS, puis trop LAS, parfois. Merci et
chapeau pour tout ce qui était " TOI ", unique et incomparable, frère
courage, souriant et si sensible.
Ma plume, humble, en témoigne aujourd'hui, au nom de tous.
Qui sait ? nous conserverons précieusement ton " aura "
rieuse et généreuse car, " l'abstinence elle doit être " HEUREUSE
" ; sinon, à quoi bon ? " disais-tu, toujours en riant.
Tu n'aimais pas trop les épanchements et les larmes malgré ton
écoute ferme et présente.
Frôlant souvent la 11e étape, tu en parlais sans vouloir
convaincre, ni choquer et tu en aidas plus d'un, comme ça.
" D'un
" au revoir " léger et rieur, comme tu en avais le secret, nous nous
réunissons tous autour de toi, parti vers l'ailleurs, là où l'alcool est, sans
doute, sans danger.
Alors, au revoir et merci.
(Anonyme)