Dieu fait pour moi ce que je ne voulais pas faire.
(Un partage de Louise , Québec)
Bonjour à tous mes aamis
AA,
je suis Louise, alcoolique et j'aime la vie.
Je suis la deuxième d'une
famille de 3 filles; l'enfant sandwiche comme
on m'a dit en thérapie... J'ai
une belle enfance, du moins ce dont je me souviens car j'ai de la difficulté à
y retourner mentalement, mais je réussis néanmoins, petit à petit à creuser
de ce côté.
Dans mon entourage il n'y a
pas de gens qui boivent, l'alcool n'est
donc pas un problème. Le peu de
fois ou j'entends parler des AA, ce qu'on en
dit n'est pas méchant et je
n'entends pas les termes de "soulon" ou de "loque". Je sais maintenant que mes parents ne
jugeaient pas ces alcooliques...
Donc déjà, il y a une
approche positive du mouvement, inculquée par mes parents. Je les remercie d'avoir vu clair à ce niveau. Jamais je
n'aurais imaginé faire partie de ce mouvement un jour.
J'apprends à le connaître,
le comprendre et surtout l'aimer profondément. J'ai bu en solitaire pendant 18
années. Il y eut des périodes plus
corsées que d'autres, c'est
normal pour moi car je savais que j'étais
alcoolique... Je le disais à
certaines personnes et elles ne me croyaient pas! Mais moi je
savais et je ne niais pas la première étape à ce moment...
Merci mon Dieu.
Et c'est lui que je cherchais tout ce temps. J'avais un
mal-être intérieur, qui revient de temps en temps d'ailleurs, je
ne savais pas pourquoi je buvais comme ça! Mais je remercie le ciel
encore une fois car j'ai quand même eu une belle période alcoolique. Ça
peut vous paraître drôle mais
c'est comme ça pour moi, je ne renie
pas ces 18 années.
Et n'ayant jamais
possédé de véhicule, je pouvais
boire à ma guise. Ça s'est mis à déraper lorsqu'à mon boulot j'ai changé de
quart de travail. Avec ce nouveau
chiffre je ne travaillais que le jeudi, vendredi et parfois le samedi. Alors,
les jours non travaillés je pouvais boire mes 2 bouteilles (et plus) de
rouge en paix.
Lorsque mon conjoint arrivait vers 18 heures, j'avais les yeux dans
le beurre et le parler mou. J'étais "baveuse" et je disais des méchancetés que je regrettais après coup! Je commençais à avoir de black-out et
je n'aimais pas ça.
Avec mon fils Félix, 4 ans à l'époque, je n'avais aucune patience.
Je lui
criais après pour des babioles, je tempêtais devant les petites gaffes qu'un enfant peut faire... Puis je m'excusais d'avoir agi de la
sorte...
Toujours il m'excusait le
petit ange, ce petit amour, béni de Dieu! Je dis béni de Dieu car
lorsqu'il était dans mon ventre, j'ai bu! J'ai eu tellement peur
qu'une malformation lui soit restée de mes quantités d'alcool ingurgitées
pendant sa première année sur cette terre, dans mon ventre.
Mais la vie en est autrement pour moi. Je suis très très
chanceuse à bien des niveaux et je l'apprécie
beaucoup. Aujourd'hui, j'ai presque 3 ans de sobriété. J'ai le mouvement
AA qui me garde sous son aile bienfaisante. J'y reste. Je ne me passerais
pas de ma réunion physique pas plus que du site AA Francité qui sont pour
moi des outils pour me garder loin de mon premier verre.
Je sais aussi que si
je touche ce premier verre, je
suis faite à l'os et que je risque de
perdre ce que j'aime le plus,
soit mon fils et son papa qui me rendent si heureuse.
Dieu fait pour moi ce que je ne voulais pas faire.
Nous marchons ensemble maintenant. Je lui en suis très
reconnaissante et ma façon de le
remercier c'est en essayant de
m'améliorer à chaque jour. Être gentille et
attentionnée avec mes proches, ceux qui passent sur mon chemin,
dont vous tous.
Je ne recherche pas la perfection, je préfère de loin
l'amélioration.
C'est, à mon avis plus
humble. Le mouvement m'apprend la tolérance, le non jugement de mon prochain.
Le mouvement met les
meilleurs outils à ma portée. Je m'en sers du mieux que je peux, un jour à la
fois.
Je vous aime chers aamies et aamis, j'aime la vie.
Je vous souhaite tous un beau moment présent et vous remercie
de m'avoir lue.
Louise, alcoolique heureuse.