(Lettre à un ami en fâché avec son père)
Bonjour Pierre canadien,
Mon prénom est le même que le tien. Je suis Normand depuis
plusieurs générations par mon père; Auvergnat par ma mère depuis "x" temps;
et malade alcoolique depuis ma naissance.
Je te salue et te souhaite
- malgré tes déboires actuels -
bon vent en AA virtuel et (Internet) physique (réunions) Tu le sais AA
est bon pour nous : enfin, pour moi; car, je ne peux parler que de moi, mon
expérience.
Revenu de Toscane - merveilleuse Province d'Italie où je passe 4 à
6 mois de l'année depuis ma mise à la retraite - dimanche soir tard, je suis
allé en réunion hier soir. Je n'avais pas une envie folle de m'y rendre; mais,
besoin de revoir mes amis dans la chaleur d'un soir et savoir qu'ils avaient
peut-être besoin aussi de me revoir.
Nous étions 11 dans ce groupe qui d'habitude réunit 15 à 25
personnes.
Toutefois 11 ami(e)s cela me suffit et nous n'aurions été que 2, nous
aurions fait notre réunion. Elle fut belle. Le thème "Hier - Aujourd'hui -
Demain". J'ai écouté, raconté, partagé et je suis rentré heureux, en paix,
bien avec moi et avec ceux qui ont participé.
Comme je l'ai dit :
Demain appartient à Dieu. Il m'appartient seulement de mettre en
place tous les éléments permettant, à ce que je désire, de se réaliser; puis,
de laisser faire.
Hier est vécu quel qu'il fut. Je ne puis rien y ajouter, rien en
retrancher. Il m'appartient de m'appuyer sur cet Hier pour m'en servir afin de
construire mon aujourd'hui.
Aujourd'hui est éclatant. Chaque minute m'appartient. Il
m'appartient de bien vivre cet Aujourd'hui. Grâce à la méthode que AA enseigne,
suggère ... je peux agir.
OUI ami :
°Mon père non plus n'a pas beaucoup joué avec moi; mais étais-je
aimable (dans le sens d'Etre à Aimer) ?
° Le mien aussi m'a déconsidéré: mais étais-je aimable; donnais-je
satisfaction; pouvait-on me faire confiance ?
° ... Etc ... (je crois que nous pourrions nous trouver des
quantités de points semblables, communs)
Mon père est décédé avant que mon rétablissement me permette de lui
parler.
Tu as la chance qu'il soit encore auprès de toi.
Enfermés depuis très longtemps tous les deux sur nous même,
sclérosés dans notre attitude de rejet réciproque, nous ne savions plus comment
AGIR.
Veux-tu essayer de lui parler seul à seul ?
Immensément, malgré ta peur, je te suggère.
Tu en sortiras, non seulement GAGNANT; mai, LIBRE.
J'ai du mal à surmonter cette souffrance de n'avoir pu le faire de
son vivant et de n'avoir pas vu - je suis assuré qu'il en aurait été ainsi -
ses yeux enfin, confiant en moi, s'illuminer d'amour. Tu aimes ton père; il
t'aime; ce fut de même chez moi; mais, nous ne savions plus - vous ne savez
plus - par quel bout prendre "Ce bâton merdeux" (expression de ma
grand-mère maternelle quand une situation était complètement embrouillée)
Bon courage : tu le peux. Tu as trouvé dans notre Puissance
Supérieure une force qui donne tous les courages. ... Et, tu te le dois.
Pierre (dit PBL), France