J'ai récupéré ma pureté émotionnelle, mon innocence,
ma capacité d’aimer.
(Témoignage – 2ème Anniversaire Béatrice - 16 octobre
2002 - Bois de Breux - Belgique)
Dans la nuit du 15 octobre 2000, je me suis réveillée complètement
bourrée. Je me suis regardée dans la glace et je me suis dite : "Qu’est ce
qui se passe…Qu’est ce que je vois ? …Ce que je vois n’est pas moi !"
Je suis descendue dans la cuisine, je me suis assise et alors, j’ai
pris conscience que j’avais un problème. Ma main s’est dirigée toute seule vers
un tiroir et a sorti un livre qu’une amie m’avait passé et qui était à cet
endroit depuis 3 ans. Je ne l’avais jamais même ouvert. Je l’ai lu du début
jusque la fin. C’était le « Vivre Sobre » des A.A.
Je me suis sentie soulagée. J’étais malade et si je le voulais,
j’allais guérir.
J’ai compris que j’étais malade de l’alcool. Ma puissance
Supérieure était là. Aussi, je n’étais plus seule.
Le lendemain soir, j’assistais à ma première réunion, avec ma Puissance
Supérieure. Ce soir là, je n’ai jamais ressenti autant d’amour dans ma
détresse.
J’ai fait le plus de réunions possibles.
J’ai vu des gens qui allaient bien, qui étaient heureux de vivre
sans alcool alors qu’ils avaient la même maladie que moi. Je sortais d’une
longue période de souffrance, de déchéance physique et morale.
J’ai gardé l’esprit ouvert, sans critiques, sans jugements, petit à
petit, avec une confiance totale (j’appellerais cela « la Foi »). J’ai cru en
mes amis A.A. parce que, pour moi, l’humain, quand il est dans l’amour, est
capable de choses extraordinaires.
Les premiers mois, je me suis laissée porter par le mouvement. On
m'avait dit de prendre ce qui était bon pour moi et j’ai pris l’AMOUR. J’ai
fonctionné comme cela pendant les 6 premiers mois.
Ce cap passé, j’ai osé regarder où j’en étais dans ma vie, j’ai
commencé à faire le bilan. Ce qui a été douloureux, ce sont les deuils que j’ai
du faire par rapport à la réalité à laquelle je croyais et qui n’était
qu’illusions.
Pendant cette période, j'ai réalisé quelque chose
d’extraordinairement important pour moi : c’est que je ne savais pas donner ni
recevoir émotionnellement. Je prenais, mais j’étais encore incapable de bien
recevoir.
Ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience de que A.A. (donc
vous) m’avait apporté.
J’avais le cœur fermé. J’ai donc commencé à travailler là dessus
aux A. A.
A partir de ce moment, je savais que j’allais naître. L’année
dernière, j’avais à peine 1 an d’abstinence. Je me rappelle ce jour, j’étais
encore comme une petite fille, je n’ai pas osé parler.
Et le 31 octobre 2001, alors que je tenais dans mes mains la tête
d’une petite fille qui sortait du ventre de sa maman (c’était ma fille), j’ai
récupéré ma pureté émotionnelle, mon innocence, ma capacité d’aimer.
J’ETAIS NEE.
A partir de ce moment, j’ai arrêté d’avoir peur des autres. Je me
suis mise à pouvoir aimer l’autre tel qu’il est, même si tous ne me plaisent
pas de la même façon.
J’ai commencé à accepter ce que j'étais, ici et maintenant. J’ai
commencé à corriger les comportements qui n’étaient pas en accord avec moi.
Au cours de cette deuxième année, je n'ai plus connu la souffrance,
… la tristesse : oui.
J’ai de moins en moins peur. Je touche à ce que Nicki appelle les
petits bonheurs, à ce qui est pour moi l’essentiel.
J’essaye, je fais mon possible pour être aussi authentique que
possible. J’avais une mauvaise image de moi, maintenant, je n’ai plus d’image
du tout.
Cette deuxième année est surtout année d’éveil. En prenant la tête
de cet enfant dans mes mains, j’ai compris qu’on naissait tout égaux dans la
pureté. Et moi, j’ai choisi de suivre cette voie, 24 heures à la fois. C’est
mon chemin.
Je voudrais vous remercier tous très sincèrement.
J’aime que mon cœur communique avec un autre cœur, que mon âme
communique avec une autre âme.
Sans s'en rendre compte, beaucoup de personnes m’ont donné de la
confiance en moi. Celles que je trouvais aller mieux que moi, en prêtant
attention à ce que je disais ; celles qui allaient moins bien, en se tournant
vers moi pour se confier.
Voilà, maintenant vous me connaissez, je me suis mise à nu. Il ne
reste qu’à faire la photo sur une peau de mouton (pour Robert).
Merci de m'avoir lue
.Amitié, Béa.