(Article de journal, non identifié)
Nathalie
est une grande femme dynamique et pleine d’humour. Rien à voir avec l’image
triste que l’on a parfois des abstinents. Il y a un an et demi, elle a cessé de
boire. Grâce aux Alcooliques Anonymes (A.A.). Et certainement aussi grâce à sa
volonté.
“L’alcool a toujours été un problème pour
moi, raconte t elle. J’avais 16 ans, c’était déjà comme ça. Je ne sais pas
boire"
“L’alcool
a provoqué une série de problèmes dans ma vie. Je n’ai pas passé des examens
que je devais passer, j’ai eu des accidents de voiture, des délits de fuite.
L’alcool m’a toujours renvoyé de moi des images horribles.”
Voyant
qu’elle partait à la dérive, Nathalie a un jour décidé d’arrêter de boire.
Pourquoi être passée par les A.A.? C’est le principe de l’anonymat qui a séduit
Nathalie. Et puis, là, elle savait qu’elle ne serait pas jugée, ni condamnée.
Elle a téléphoné à la permanence de Schaerbeek et a commencé à se rendre aux
réunions.
Mais
j’ai commencé à espacer les réunions, je croyais que ça allait mieux. Et puis,
j’ai recommencé avec une bière sans alcool. À partir de là, je me suis remis à
picoler tous les jours.”
Aujourd’hui,
Nathalie explique cette déconvenue par le fait qu’elle n’avait pas tout de
suite accroché au discours de ses compagnons d’infortune.
“J’allais
mourir”
Pendant
une année, Nathalie s’est abîmée dans l’alcool. ‘Là, j’ai compris que j’allais
mourir, raconte-telle aujourd’hui. Je suis retournée chez les A.A. et là, j’ai
eu un moment magique. J’ai compris que ces gens n’avaient rien à me vendre,
que le bien qu’ils me voulaient c’était pour moi-même.”
Deux
jours avant la première réunion, elle a cessé de boire. Elle ne voulait pas se
présenter devant les autres tremblante, ni en trop mauvais état.
“J’ai
fait confiance au groupe, dit-elle. On m’a dit que c’était courageux... Pas du
tout. Je savais que je mourrais mais que je pouvais aussi renaître. J’ai
réappris à vivre. Je pesais 120 kilos, j’en ai perdu 55 depuis que j’ai arrêté.
Sans faire de régime. Je me réapproprie mon corps.
Peur
de la rechute
La
peur principale de Nathalie, après un an et demi de sobriété, c’est la
rechute.” Mais je ne rechuterai pas, dit-elle. Je sais que si je reprends un
verre, tout recommencera comme avant. Maintenant, je suis enfin libre. Je me
suis débarrassée de l’obsession de l’alcool. Je peux sortir, aller au
restaurant sans avoir envie de boire. Quand il y a des amis qui viennent chez
moi, ils viennent avec leur bouteille s’ils veulent.”
Il
reste un vice dont Nathalie voudrait encore se libérer: le tabac. Mais une
chose à la fois!