QUE M’A APPORTE LA SOBRIETE?

 

Je m’appelle Josiane et je suis alcoolique. Je ne vais pas vous raconter l’histoire de ma période active; elle est vraisemblablement similaire à la vôtre et nos parcours sont parallèles.

 

Une fois ma décision prise, j’ai arrêté de boire avec beaucoup de facilité. Mises à part les quelques périodes difficiles de la première année, tout a très bien marché.

 

Ce que j’ai apprécié tout de suite, c’est que à tout moment je savais ce que je faisais, moi qui sortais d’une période d’amnésie presque totale, qui a duré plus ou moins 2 mois.

           

Ce qui précède, je l’ai surtout apprécié le jour de l’enterrement de ma mère (après six semaines de cure). A la fin de cette journée, pourtant pleine de remords, de chagrins et autres sentiments pénibles, j’étais fière de moi. Je n’avais rien oublié, de plus j’avais résisté à tous les “prends un petit verre, cela te remontera” ou “bois un peu, cela te fera du bien.” Même mes enfants avaient fait la différence à la fin de cette journée et en étaient satisfaits.

 

Par la suite j’ai pu jouir du moment présent, sans me laisser parasiter par hier ou demain. C’est tout ce que j’avais retenu de la visite que m’ont rendue les A.A. lorsque j’étais en cure. Ils m’avaient aussi donné la prière de la Sérénité, et cela était énorme.

 

J’ai vite appris qu’il y avait des choses que je ne pouvais changer. Cela m’arrangeait très bien, tout passait dans cette catégorie. J’étais sans souci, quelques coups de pouce et mes amis m’ont appris qu’il y avait des choses que je pouvais changer, cela m’a demandé des efforts et beaucoup de courage. Quelle joie d’en connaître la différence.

 

J’ai aussi appris à dire “non” à mes filles (je leu r passais tout, car je voulais qu’elles m’aiment). Je suis certaine qu’elles ont pensé au début: ‘t’était quand même plus facile quand maman buvait”.

 

Enfin, j’ai appris à m’aimer et cela m’a permis d’aimer les autres. J’ai alors pu partager ce que j’avais reçu. Tout cela a pris du temps. Le groupe où j’étais aimée pour ce que j’étais, où je n’ai pas été jugée, qui m’a fait connaître ce merveilleux Programme de rétablissement, y est pour beaucoup. J’ai pu reprendre ma vie en mains, ne plus m’apitoyer sur mon sort et agir en ayant la foi dans le Programme A.A.

 

Mon seul regret est de ne pas avoir connu A.A. plus tôt; Je n’étais peut-être pas encore prête. Ce nouveau mode de vie m’a fait connaître des choses merveilleuses que je ne soupçonnais même pas, l’esprit embrumé par l’alcool.

 

J’ai appris à retenir tout ce qu’il y a eu de positif dans ma journée, de sorte que même les jours les plus tristes ne sont plus tout à fait aussi noirs. Il y a eu longtemps un point sombre dans ma vie d’abstinence: c’est la sobriété émotionnelle.

 

Mais cela, c’est une autre histoire

 

Josiane (Lierneux

 

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