Plusieurs m'ont dit : "Tu devrais envisager de te faire aider à l’extérieur."

 

Se croire différent des autres ou ne pas accepter d’être comme eux fait partie de la nature humaine et peut-être plus particulièrement de la maladie alcoolique. En tout cas, on ne peut jurer de rien avant d’avoir fait sa propre expérience.

 

En voici un exemple: dans les premiers mois de mon abstinence, je faisais part à une amie qui comptait déjà un nombre impressionnant d’année de sobriété, de mon bonheur de me sentir bien, d’avoir retrouvé la joie de vivre qui allait des petits bonheurs aux émotions intenses.

 

Cette amie, dont l’intention n’était certainement pas de me décourager, m’a répondu: moi aussi, au début, j’étais comme toi, mais au bout de deux ans, j’ai du me remettre totalement en question et je sais qu’elle l’a fait de façon très approfondie.

 

La seule question que je me suis posée à ce moment a été: comment peut-on ne pas aller bien lorsque l’on a cessé de boire?

 

Puis j’ai continué à avancer dans le Programme, petit à petit, sans me bousculer, tout en allant toujours bien et sans trop me soucier de ce que l’on nomme les symptômes psychosomatiques, entre autres maladies de peau et maux d’estomac, qui commençaient sérieusement à m’importuner. Je les acceptais, plus ou moins bien selon les jours, comme faisant partie de ma maladie alcoolique. Je pouvais très bien vivre avec eux, sans que cela remette ma sobriété en question.

Il y a un peu plus d’un an, au cours d’un voyage à Paris, j’ai eu l’occasion de passer un moment à la permanence, rue Sauton. J’y ai rencontré plusieurs amis A.A. extrêmement sympathiques à qui j’ai dû faire part de mes “petits problèmes” de santé. Plusieurs d’entre eux m’ont dit: peut-être que, comme pour nous, le Programme seul ne te suffit pas. Tu devrais envisager de te faire aider à l’extérieur.

 

Une fois de plus, je ne me sentais pas concernée et ne voulais surtout pas entendre parler de tout ce qui commence par “psy”. Pour moi, le groupe, la fréquentation assidue aux réunions et les activités que j’étais amenée à faire pour A.A. devaient suffire.

 

Au début de cette année, certaines expériences m’ont fait prendre conscience que l’origine de mes angoisses et autres stress remontaient très loin dans le passé et n’étaient sûrement pas étrangers au fait que j’avais bu et étais devenue dépendante de l’alcool. Et là, j’ai enfin compris le sens de la 6ème Etape et je me suis sentie prête à ce que ma Puissance Supérieure avec l’appui d’un professionnel veuille bien m’aider à éliminer ces déficiences.

 

Certains événements ne m’ont pas encore permis de commencer ce travail, mais à la seule idée de bientôt l’entreprendre, je me sens déjà beaucoup plus sereine. Quels que soient nos doutes ou hésitations, il y a toujours un moment où la bonne solution se présente. Le tout est de persévérer dans le désir d’aller bien. Amitiés et bonnes 24 heures à tous.

 

Monique (Grenoble, 1991)

 

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