Le premier principe de la relation AA est le non-jugement

(Un partage de Jacques P.)

 

Chers amies et amis,

 

J'ai été fort peiné récemment et je me dois de le communiquer, ne fut-ce que pour mon bien-être.

 

Une personne s'est présentée à un groupe des AA avec une rechute monumentale après quatorze ans d'abstinence.

On apprit bientôt que c'est à l'occasion de la nouvelle qui lui fut communiquée qu'elle avait un cancer très avancé qu'elle a eu le réflexe de reboire. Mais elle a eu le réflexe aussi de revenir vers ses amis des AA en réunion.

 

Et il lui a fallu comme nous "supporter" ( vraiment c'est le mot ) des commentaires  de la part de l'un ou l'autre membre jugeant bon d'établir un véritable réquisitoire par rapport à sa rechute avec toute une volée de reproches absolument gratuits :

"Tu n'avais qu'à suivre ton programme..."

"Tu n'as pas pris soin d'être attentive aux réunions..."

"Tu n'as pas privilégié l'important d'abord, ton abstinence..."

"Tu as négligé ta Puissance Supérieure..."

"Qu'as-tu fait en réalité de ta 4ème et 5ème étape, tu es passée à côté  ( sic )

 

"Affreux, épouvantable de bêtise. Il ne faut pas omettre qu'à côté d'aspects merveilleux, le contact entre AA peut relever d'une rare imbécillité comme dans ce cas-ci.

Qu'il est donc facile quand on est "pètant" de santé, cousu d'argent, entouré de familiers chaleureux de pérorer sur le bonheur qu'offre l'abstinence en face d'un(e) autre alcoolique que le malheur accable.

.Et que de jugements de valeur indécents derrière tous ces reproches larvés, alors que le premier principe de la relation AA est le non-jugement.

 

J'ai pris cette pauvre personne a part et je lui ai fait un brin de causette, seul à seul dans le couloir du bâtiment.

Voilà une personne qui venait chercher du secours. Elle a failli n'entendre que des reproches. Voilà une personne qui souffre dans sa chair, qui se pose des questions sur sa proche destinée de vie, ni plus ni moins...

Que ses interlocuteurs, si satisfaits d'eux-mêmes, se trouvent peut-être un jour à sa place ! Se gratteraient-ils encore ne nombril de la satisfaction d'être ce qu'ils sont ?

Pour ma part, en pareille situation, je n'ai aucune idée de ce que serait mon état d'esprit. Je ne présume vraiment de rien, sinon que, chez AA, j'espère que je trouverais le réconfort et la compréhension attendus et non la sécheresse de quelques slogans sans valeur devant l'immensité de la détresse rencontrée au moment où je me poserais une question de vie ou de mort...

 

Notre méthode n'est pas strictement une méthode favorisant l'esprit.

Elle prend essentiellement ses sources dans les qualités du cœur !

Ne l'oublions pas !

 

 

Jacques P., Chênée (Liège -Belgique

 

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