Étape par étape, 24 heures à la fois

 

Ma vie n'a pas été de tout repos. Très jeune, j'ai appris à souffrir. Les événements de la vie ont fait que j'ai été blessé très souvent et je n'ai jamais su faire face à mes souffrances.

Aujourd’hui, grâce à la façon de vivre des AA, je sais que rien ne peut m’arriver de malencontreux qui ne soit voulu par Lui, en haut, et que les pépins que je peux avoir, sont là pour me faire grandir. Je n’ai pas toujours pensé comme ça. Il y a des fois où j’en ai fait Le responsable de mes malheurs et je L’ai blâmé plus d’une fois.

Toutes mes satisfactions, qui ont été nombreuses, tous mes échecs et toutes mes craintes, je les ai cachés au plus profond de moi en buvant démesurément. Je buvais jusqu’à l’inconscience. Je ne voulais plus rien savoir. Mais ô combien je me suis fait du tort, à moi, ainsi qu’à mes proches, mon fils et mon mari.

On dit que la boisson est un amplificateur. Les défauts de mon mari étaient tellement gigantesques à mes yeux que, lorsque j'étais en boisson, j'aurais tout fait pour l’écraser. Et combien j'ai été exigeante avec mon garçon, combien de fois l’ai-je critiqué? Plus je les critiquais plus je buvais, plus je buvais plus je critiquais, et je m’enfonçais.

 

Aujourd’hui, par ce témoignage, je leur demande pardon parce que je me suis pardonnée à moi-même. Je n’étais qu’un être humain avec ses faiblesses et je sais que je ne voulais pas les faire souffrir. C’est pour ça que je dis que je suis heureuse d’être alcoolique car, avec la grâce de Dieu, j ‘ai été éclairée à temps et avec l’aide des membres AA dont j’ai ressenti tellement d’amour fraternel, je m’en suis sortie.

 

Je veux dire au nouveau ou à celui qui souffre: ne reste pas seul, fais-toi aider, car seul, ça ne se fait pas! Je l’ai essayé, j'ai été sobre deux ans et six mois, seule dans mon coin, et même si je n’ai pas bu, merci mon Dieu, je te demande de me croire si je te dis que j'étais très malheureuse. Je croyais que le fait d’être abstinent d’alcool était suffisant. Mais non, la sobriété de comporte­ment est encore plus importante. J’étais sèche à l’intérieur. Je me demandais pourquoi je ne me sentais pas bien en ne buvant plus. Je n’avais pas compris que je ne pourrais être bien si je ne m’impliquais pas dans les douze Etapes, l’une après l’autre.

Étape par étape, 24 heures à la fois, j’avance tranquillement. Pour aujourd’hui, je suis sobre dans tous les sens du mot et j’essaie, avec l’aide de mon Être suprême, de ne pas avoir peur de demain et d'oublier hier, en vivant pleinement ma journée présente. Et je sais qu’avec l’aide des membres AA et avec tous mes efforts, je continuerai à être heureuse avec des petits riens et que je pouffai aider les autres qui souffrent encore.

Pour toi, le nouveau, ne vis pas trop en pensant à demain. Vis seulement pour au­jourd’hui, une heure à la fois s’il le faut, mais dis-toi que tu n’es pas seul. Je t’aime!

 

 

         Christine, Québec

 

Haut du document